Etant en vacances dans la région de Clermont-Ferrand à six kilomètres du pied du  Puy de Dôme, une visite au « Panoramique des Dômes » s’imposait. Mais j’ai toujours eu un faible pour l’ancienne version de ce chemin de fer à voie métrique avec ces imposantes locomotives à vapeur système Hanscotte. C’était l’occasion de découvrir la version moderne et surtout l’extraordinaire vue au sommet! 

Depuis longtemps dans l’histoire des chemins de fer différents ingénieurs spécialistes des transports se sont attaqués sur le papier au « Géant d’Auvergne ». Mais en fait ce n’est qu’en 1907 qu’est mise en service cette ligne à voie métrique de 14,7km reliant la Place Lamartine de Clermont-Ferrand (altitude 390 mètres) au sommet du Puy de Dôme ( altitude 1414mètres) sous l’impulsion de M. Jean Claret. Cette ligne  a la particularité d’être équipée du système Hanscotte du nom de son inventeur. Ce système est basé sur un rail central, surélevé par rapport aux rails porteurs, sur lequel deux roues motrices horizontales  viennent s’appuyer afin d’augmenter l’adhérence de la locomotive lors des sections à fortes pentes (12% au Puy-de-Dôme). La pression des roues sur le rail est produite par un système d’air comprimé commandé par le mécanicien et pouvant aller jusqu’à 82 tonnes de pression. Seules les parties de pleine ligne sont équipées de ce rail central et pas les appareils de voie. Malgré un franc succès ce chemin de fer reste toujours déficitaire jusqu’à sa fermeture en 1926.

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Le départ du chemin de fer du Puy de Dôme se faisait Place Lamartine (devenue Place Desaix) non loin du centre ville de Clermont Ferrand. Cette station terminus était équipée d'un aiguillage trois directions. La voie centrale arrivait au pied du monument du Centenaire de la Révolution Française. De chaque côté, les deux autres voies étaient équipées à leur étrémité respective d'une plaque tournante de trois mètres de diamètre pour retourner les machines. Mais en faite une seule était utilisée. Rapidement la deuxième fut démontée et installée au dépôt de "La baraque". En fait ce terminus ne devait être que provisoire à l'origine.( CPA collection A.D.)

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Nous nous retrouvons ici à l'arrêt de "La Baraque". Ici était implanté un important dépôt. Ce lieu était considéré comme la tête de la ligne saisonnière pour monter au sommet du Puy de Dôme. Il y avait un important château d'eau comme vous pouvez le voir sur la photo. Mais aussi un hangar de trois voies parallèles pour pouvoir ranger les voitures voyageurs et autre matériel. Ces trois voies se rejoignaient sur une plaque tournante ( celle démontée place Lamartine à Clermont Ferrand). La locomotive est une construction Fives-Lille de 1906 en voie métrique. Elle pèse 32 tonnes. Cinq identiques à quelques détails prêts furent construites pour cette ligne. Elles étaient toutes équipées du système Hanscotte. Les chaudières avaient un "ciel" de foyer abaissé et deux tubes de niveau d'eau. L'un pour controler le niveau à la montée et l'autre pour la descente. La pression de marche était de 14 bars.(CPA collection A.D.)

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Au pied du Puy de Dôme, on trouvait un évitement qui permettait le croisement des rames mais aussi des manoeuvres de remise en tête pour certains services. Ici on voit bien le troisième rail pour le système Hanscotte. Celui-ci est directement inspiré du système Fell. Les voitures sont équipées de commande de freinage par galets. (CPA collection A.D.)

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Très intéressante CPA où l'on peut voir l'un des rares wagons de service de la ligne en queue de convoi. Celui-ci servait à transporter l'approvisionnement de l'auberge et de l'observatoire situés au sommet du Puy de Dôme. Le pauvre a fini pulvérisé lorsqu'un vent violent la précipité dans le vide. (CPA collection A.D.)

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Le train peu avant l'arrivée au sommet. Ce cliché a sans doutes été pris lors des essais ou de l'inauguration de la ligne. (CPA collection A.D.)

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La station du sommet du Puy de Dôme. Vraisemblablement peu après la mise en service de la ligne. La toiture du hangar en bois n'est pas encore terminé.  Celui-ci a les fermes cintrées de sa charpente qui furent parmis les premières construites en lamellé-collé. ( CPA collection A.D.)

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Comment ne pas parler de cet ouvrage trouvé à la gare de départ d'Orcines. D'ailleurs, ne le cherchez pas à la boutique du sommet qui est un attrape touristes!  Ce très beau livre édité par les archives départementales et le conseil général du Puy de Dômes est un véritable joyau. Très bien écrit et richement illustré avec des documents quasiment tous inédits ( photos d'époque, plans...) en font une bible sur le sujet. Apparemment il s'agit de la deuxième édition. Pour 130 pages de bonheur il vous en coutera 15 petits euros.

C'est en 2008 que le conseil général du Puy de Dôme vote la réalisation du "Panoramique des Dômes". Cette ligne de 5,1 kilomètres s'étend sur les communes d’Orcines et de Ceyssat. L'accès au sommet se fait par utilisation de la plate-forme routière elle-même emprise de l'ancienne voie ferrée de 1906, transformée en route à péage en 1926. Ce sont 4 rames à trois éléments posés sur deux bogies et deux essieux construites par Stadler qui assurent le trafic.  L'élément moteur central repose sur deux essieux. Les éléments extrêmes reposent sur des bogies porteurs d'un côté et sur l'élément central de l'autre. La gare d'arrivée au sommet est totalement vitrée ce qui atténue la sensation d'être sous terre. Elle est également recouverte d'une pelouse subalpine permettant la revégétalisation du sommet et la suppression des parkings.

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La rame Stadler arrivant au sommet du Puy de Dôme. La vue par beau temps est époustouflante! ( Juillet 2018. Cliché B.D.)

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Positionné juste à côté du machiniste, le voyage est encore plus sympathique. Le convoi venant du sommet arrive ici dans la gare terminus d'Orcines. Un évitement positionné à mi chemin permet le croisment des trains. La crémaillère est de type Strub et la pente maximale de 155 pour mille. ( Juillet 2018. Cliché B.D.)

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Vers l'infini et au-delà....( Juillet 2018. Cliché B.D.)

A bientôt!