Lors de mon escapade à Abreshviller, je m’étais fixé comme objectif d’aller faire un petit tour au village de Niderviller situé à une vingtaine de minutes de là en voiture. Les amis de la "TPT Connection" m’avaient parlé d’une briqueterie qui exploitait une courte ligne en voie de 60. J’avais aussi lu un intéressant article sur le sujet signé Philippe Cousyn dans un numéro hors-série de la revue Voie Libre. 

Numériser 5

C'est la première vue que j'ai eu en arrivant sur place. Une sorte de rêve pour modéliste qui aime la voie étroite industriel. Un sujet idéal pour un diorama animé, n'est-ce pas? ( Juillet 1998-Cliché B.D.)

Je décide donc de partir à sa recherche dès le premier soir de mon séjour en attendant l’heure du diner à l’hôtel. Mais pressé un peu par le temps, je ne pousse pas assez loin dans le village et finalement je rentre bredouille. C’est le deuxième soir, où en prenant un peu plus mon temps, je trouve l’emplacement de l’établissement. Il fait un peu sombre pour les photos, mais je me rends compte du caractère extraordinaire de l’endroit. Je décide de revenir le lendemain matin pour réaliser quelques clichés en espérant rencontrer quelqu’un qui puisse me renseigner.

Numériser 6

Malgré le fait que les herbes envahissent les voies, il semble que ce petit chemin de fer soit encore un peu utilisé. Sur les trois wagonnets à benne basculante deux sont encore bien chargés et attendent leur tour. ( Juillet 1998-Cliché B.D.)

Numériser 7

Le rail du plan incliné est assez "propre". Je pense que la benne qui se trouve au pied de celui-ci a été déchargée à l'intérieur du bâtiment il y a quelques jours. ( Juillet 1998-Cliché B.D.)

Finalement, je ne vois âme qui vive pendant ma présence sur les lieux. Dommage, j’aurais bien aimé voir l’intérieur de cette tuilerie avec son réseau intérieur en voie de 50, dont on m’a aussi parlé. Mais, Je me contente de ce qu’il y a dehors et c’est déjà beaucoup!

Numériser 2

La benne basculante (vraisemblablement une Koppel) est encore attachée au treuil. ( Juillet 1998-Cliché B.D.)

Numériser 3

Le locotracteur Gmeinder Locofox ( Importé en France par Comessa) qui sert à manoeuvrer les bennes est garé dans la cour. On aperçoit près de l'ouverture de la cabine la batterie toute neuve qui a été installée semble-t-il depuis peu. Au fond, derrière le bouleau on aperçoit une remise dans laquelle dort un deuxième engin de traction.

Numériser 8

Cet engin, le voici. C'est un petit locotracteur Orenstein & Koppel type RL1C équipé d'une cabine. "Buffalo" est semble-t-il confié au propriétaire des lieux par un amateur allemand. (Juillet-Cliché B.D.)

Le chemin de fer à voie de 60 qui va de la briqueterie au lieu d’extraction de la glaise ne semble être utilisé très occasionnellement. De plus, des pavillons sont en construction non loin de la plateforme de voie. Dans la cour au pied du plan incliné un locotracteur Comessa est garé. En regardant dans la cabine, je m’aperçois qu’il possède une batterie toute neuve. A l’autre bout, dans une remise dort un petit locotracteur O&K type RL1C au doux nom de « Buffalo » J’apprends par les gars du chemin de fer d’Abreshviller qu’il a été confié par un amateur allemand au propriétaire de la briqueterie.

Numériser 4

Dès la sortie de l'établissement la ligne coupe une petite route. A gauche, on aperçoit la rubalise qui délimite l'emplacement d'une future clôture d'un pavillon en construction. (Juillet 1998-Cliché B.D)

Numériser 1

Le deuxième PN, est situé une centaine de mètres avant d'arriver au lieu d'extraction. (Juillet 1998-Cliché B.D.)

Numériser

Le terrain n'étant pas favorable je n'ai que ce pauvre cliché de l'excavatrice. ( Juillet 1998-Cliché B.D.)

Historique extrait du site web " Tuilerie de Niderviller":

Dès 1727, Niderviller possédait sa tuilerie mais pas sur le lieu actuel. On suppose qu'une nouvelle tuilerie fût fondée à l'emplacement actuel dès 1820. En effet, lors d'une exposition à Nancy en 1830, ont été primées des pièces (statuettes, tête de lion...) fabriquées à Niderviller. Au courant du siècle dernier, l'effectif atteignait 50 à 60 "tuiliers", allant même jusqu'à compter une centaine d'employés en 1930, pour une production mensuelle de 100 000 tuiles et de 200 000 à 250 000 briques. La production était d'abord acheminée par route, puis voie ferrée au travers de la gare de Réding, ou bien transportée en péniches sur le canal de Marne au Rhin ; plus tard, le transport routier prendra la relève. La zone de chalandise de la tuilerie allait de la proche région jusqu'au-delà des frontières françaises, en passant par la France entière.

C'est durant la période suivant la Seconde Guerre Mondiale, principalement à cause de la concurrence de "l'agglo", que beaucoup de tuileries doivent cesser leurs activités. Ce sont les unes après les autres qu’elles ferment ; par exemple celles de Champigneulles (54), Téting-sur-Nied et de Metz (57). En 1964, la tuilerie de Niderviller subit le même sort et doit stopper sa production.

Cependant en 1966, Jacques Henselmann rachète cette usine et il fonde une petite entreprise familiale qui, de manière plus artisanale, fonctionne encore aujourd'hui. Christophe Henselmann, le petit-fils, continue lui à fabriquer tuiles et briques, et notamment des modèles spéciaux parce qu'ils sont uniques ou sont des copies d'originaux pour lesquels il lui faut créer ou refabriquer les moules.

C'est ainsi qu'il est fier d'avoir réalisé les tuiles faîtières et les arêtiers pour la restauration du château du Haut-Koenigsbourg. Il travaille sur bien d'autres monuments et participe à la restauration et l'entretien du patrimoine national... La tuilerie - briqueterie de Niderviller est aujourd'hui la seule et dernière de toute la Lorraine.

A bientôt!